1 Représentation par tableaux

1.1 Règles de présentation des tableaux

Les tableaux donnent une excellente description chiffrée, mais ils doivent respecter certaines règles. Parmi elles :

  1. Un en-tête indiquant la nature des informations dans les colonnes, encadré par une ligne horizontale au-dessus et en dessous. L’en-tête de colonne sert à indiquer…

    • … le nom de la variable dans la première colonne,
    • … la nature de l’information dans les autres colonnes (p. ex., “Effectif (%)”).
  2. Une ligne horizontale à la fin du tableau, au-dessus d’éventuelles notes de bas de tableau.

  3. En dehors de ces lignes, aucune autre ligne n’est généralement utile (surtout les verticales).

  4. Les nombres sont alignés par colonne : à droite (pour les entiers) ou sur le point décimal (pour les décimales).

  5. Pour une même variable, on utilise le même nombre de décimales.

    Par exemple, on ne présenterait pas une proportion de 14,4 % pour une catégorie et 9 % pour une autre. On choisirait soit 14 % et 9 %, soit 14,4 % et 9,0 %.

  6. Les totaux, le cas échéant, doivent être indiqués.

  7. Les unités de mesure doivent toujours être indiquées pour les variables quantitatives, à côté du nom de la variable. Pour les pourcentages, éviter de répéter le symbole “%” dans chaque cellule de la colonne ; l’indiquer uniquement dans l’en-tête de colonne avec “(%)”.

  8. Un titre au-dessus du tableau décrivant brièvement son contenu et présentant :

    • Ce qui est mesuré (spécifique à la variable),
    • Les informations sur la population, le lieu et la date (spécifiques à l’étude). En épidémiologie, on parle de “lieu-temps-personnes”.
    • L’effectif total de la population étudiée, surtout si des valeurs manquantes existent.

    Mauvais titre : “Description de la distribution de l’âge”

    Bon titre : “Distribution de l’âge de 402 sujets âgés de plus de 18 ans ayant participé à l’enquête sur l’hypertension du 19 au 21 avril 1999 sur l’île Maurice.”

  9. Si on utilise des abréviations, on doit les expliquer en bas de tableau (p. ex., “N” pour “Nombre de sujets”, “IC” pour “Intervalle de confiance”).

  10. Si le tableau s’étend sur \(\ge 2\) pages, il faut répéter l’en-tête à chaque page.

  11. La séparation décimale se fait avec une virgule en français ; un point en anglais. En anglais, les milliers sont séparés par une virgule ; en français, par un espace. Par exemple, on écrira “1 234,56” en français et “1,234.56” en anglais.

1.2 Une variable

La première façon de faire un bon tableau descriptif est de présenter, pour nos variables d’intérêt, une ou deux statistiques. Pour les variables quantitatives, on présentera principalement la moyenne et l’écart-type, ou la médiane et les quartiles. Pour les variables qualitatives, on présentera les effectifs et les proportions.

Avertissement

Il ne faut pas choisir moyenne/écart-type par automatisme. La forme de la distribution doit guider la présentation.

Par rapport à notre jeu de données, il faut penser à renommer les variables (et leurs modalités, le cas échéant) et préciser les unités de mesure pour les variables quantitatives. De manière générale, un tableau (tout comme une figure) doit se suffire à lui-même : il faut pouvoir le comprendre sans avoir à lire le texte qui l’accompagne.

Le Tableau 1 présente quelques caractéristiques des patients inclus dans le jeu de données “PAM-13” et sert d’exemple pour illustrer les propos précédents. Notez qu’on a choisi de faire deux colonnes : une pour les variables quantitatives, une pour les qualitatives. On aurait aussi bien pu faire une seule colonne “Moyenne (E-T) ou n (%)”, en le précisant dans une note de bas de tableau. Enfin, comme certaines variables comportaient des valeurs manquantes, on a décidé de présenter le nombre de sujets avec données disponibles pour chacune d’elles.

Tableau 1: Caractéristiques des patients inclus dans l’enquête transversale menée aux Pays-Bas sur l’activation à l’autogestion chez des patients atteints de maladies chroniques et suivis en soins primaires ou secondaires entre 2009 et 2011 (N = 1 154).
Caractéristiques N Moyenne (E-T) n (%)
Score PAM-13115454,1 (10,8)
Âge (années)115169,6 (10,9)
Indice de masse corporelle (kg/m²)112827,6 (4,6)
Indice de Charlson11502,9 (1,8)
Qualité de vie physique (SF)113251,1 (26,3)
Qualité de vie mentale (SF)113265,2 (23,4)
Dépression (HADS)11255,1 (3,9)
Anxiété (HADS)11154,9 (3,9)
Soutien social (SUPP)113762,8 (15,8)
Sexe1152
Homme694 (60,2)
Femme458 (39,8)
Statut tabagique1139
Jamais fumeur276 (24,2)
Ex-fumeur667 (58,6)
Fumeur actuel196 (17,2)
Situation de vie1132
Vit seul(e)323 (28,5)
Ne vit pas seul(e)809 (71,5)
Difficultés financières1116
Aucune538 (48,2)
Faible481 (43,1)
Élevée97 (8,7)
Niveau d'éducation1127
Faible530 (47,0)
Intermédiaire429 (38,1)
Élevé168 (14,9)
Pathologie principale1154
Diabète de type 2422 (36,6)
BPCO290 (25,1)
Insuffisance cardiaque223 (19,3)
Insuffisance rénale chronique219 (19,0)

Abréviations. N = nombre de patients avec données disponibles ; E-T = écart-type ; BPCO = bronchopneumopathie chronique obstructive ; PAM-13 = Patient Activation Measure en 13 items ; SF = Short Form ; HADS = Hospital Anxiety and Depression Scale ; SUPP = Social Support List.

1.3 Tableau croisé

Une autre façon courante de faire un tableau descriptif est de présenter nos résultats selon une autre variable qualitative. Le plus logique est de croiser les caractéristiques avec notre variable d’exposition principale (déterminée par la question de recherche), afin de voir comment elles varient selon cette dernière.

D’ailleurs, on peut toujours présenter les caractéristiques dans l’ensemble de la population en ajoutant une colonne “Global”. On peut aussi présenter une p-valeur, qui sera détaillée au chapitre Tests statistiques. Elle évalue la compatibilité des données avec une hypothèse d’absence d’association ou de différence ; elle ne mesure ni l’importance de cette différence ni sa pertinence clinique.

Toutes les règles précédentes s’appliquent aux tableaux croisés. On peut rappeler le nom de la variable de croisement au-dessus des colonnes correspondantes, avec un petit trait en dessous. Le Tableau 2 illustre nos propos sur un sous-ensemble des variables.

Tableau 2: Quelques caractéristiques des patients selon le statut tabagique des patients inclus dans l’enquête transversale menée aux Pays-Bas sur l’activation à l’autogestion chez des patients atteints de maladies chroniques et suivis en soins primaires ou secondaires entre 2009 et 2011.
Caractéristiques Global Statut tabagique p1
Jamais fumeur
(N = 276)
Ex-fumeur
(N = 667)
Fumeur actuel
(N = 196)
Score PAM-1354,1 (10,8)54,1 (11,5)54,4 (10,6)53,5 (10,3)0,606
Dépression (HADS)5,1 (3,9)5,3 (3,8)5,0 (3,9)5,4 (4,1)0,361
Sexe<0,001
Homme694 (60,2)109 (39,5)458 (68,7)123 (62,8)
Femme458 (39,8)167 (60,5)209 (31,3)73 (37,2)
Niveau d'éducation0,014
Faible530 (47,0)132 (48,4)296 (45,1)99 (51,0)
Intermédiaire429 (38,1)101 (37,0)247 (37,6)81 (41,8)
Élevé168 (14,9)40 (14,7)114 (17,4)14 (7,2)

Résultats en moyenne (E-T) ou n (%). Les pourcentages sont calculés parmi les observations non manquantes. Ainsi, pour le niveau d’éducation, les dénominateurs sont 273, 657 et 194.

1 Test du chi² d’indépendance pour les variables qualitatives ou ANOVA à un facteur pour les variables quantitatives.

Abréviations. E-T = écart-type ; HADS = Hospital Anxiety and Depression Scale ; PAM-13 = Patient Activation Measure en 13 items.