Avec une pente aléatoire, on peut se poser deux questions différentes :
- quelle part vient des différences entre sujets ou entre centres, à une valeur donnée de la covariable ?
- les sujets au-dessus de la moyenne à un jour tendent-ils à l’être aussi à un autre jour ? Ou les HbA1c de deux patients d’un même centre tendent-elles à s’écarter dans le même sens de leurs moyennes attendues ?
Pour le premier point, on peut calculer la VPC. Pour le second point, on calcule une corrélation.
Le truc, c’est qu’avec une pente aléatoire, les trajectoires des sujets ou les droites des centres peuvent s’écarter, se rapprocher ou se croiser. Les calculs sont donc un peu plus compliqués que pour l’ICC, étant donné que la variance entre unités de \(x\) (le jour de mesure dans l’étude sur le sommeil, ou les heures d’éducation dans l’exemple du diabète).
Notons cette variance : \[
q(x) = \mathrm{Var}(u_{0i}+u_{1i}x)
= \tau_0^2 + 2x\rho\tau_0\tau_1 + x^2\tau_1^2
\]
Pour rappel, \(\rho\) est la corrélation entre l’intercept et la pente aléatoires. Ce n’est pas la corrélation entre deux observations !
La VPC (pour variance partition coefficient) est la part de variance attribuable aux différences entre unités de regroupement, après prise en compte des effets fixes. À une valeur donnée de \(x\) : \[
\mathrm{VPC}(x) = \frac{q(x)}{q(x)+\sigma^2} \in [0;1].
\] Elle décrit la part de variance attribuable aux différences entre sujets ou entre centres à cette valeur de \(x\).
Au jour 5, la VPC vaut environ 0,71 : 71 % de la variance des temps de réaction à ce jour est attribuable aux différences entre les trajectoires des sujets. Les 29 % restants correspondent à la variabilité résiduelle autour de ces trajectoires.
On peut répéter ce calcul pour chaque jour et tracer la courbe suivante. Chaque point décrit la décomposition de la variance à un seul jour.
Dans l’exemple du diabète, \(q(x)\) est la variance entre centres pour \(x\) heures d’éducation. Une VPC de 0,20 à 4 heures signifierait que, pour des patients ayant reçu 4 heures d’éducation, 20 % de la variance de l’HbA1c est attribuable aux différences entre centres et 80 % à la variabilité résiduelle entre patients au sein des centres.
On peut aussi tracer la VPC selon les heures d’éducation, comme on vient de le faire selon le jour.
Pour ce qui est de la corrélation entre deux observations distinctes (donc entre deux valeurs \(x\) et \(x'\)), on a besoin d’une covariance. Pour un même sujet à deux temps différents (données longitudinales) ou un même centre entre deux sujets (données groupées), on a : \[
\mathrm{Cov}\bigl(Y_i(x),Y_i(x')\bigr)
= \tau_0^2 + \rho\tau_0\tau_1(x+x') + \tau_1^2xx',
\] duquel on peut tirer : \[
\mathrm{Corr}\bigl(Y_i(x),Y_i(x')\bigr)
= \frac{\tau_0^2 + \rho\tau_0\tau_1(x+x') + \tau_1^2xx'}
{\sqrt{\bigl(q(x)+\sigma^2\bigr)\bigl(q(x')+\sigma^2\bigr)}}
\]
En données longitudinales, la corrélation estimée entre les mesures des jours 2 et 5 vaut 0,57 > 0. Ainsi, les sujets au-dessus de la moyenne au jour 2 tendent donc aussi à être au-dessus de la moyenne au jour 5.
En données groupées, la corrélation estimée entre les HbA1c de deux patients distincts du même centre, ayant reçu respectivement 2 et 5 heures d’éducation, vaut 0,31 > 0. Ainsi, si le patient ayant reçu 2 heures d’éducation a une HbA1c supérieure à la moyenne attendue pour 2 heures, celui ayant reçu 5 heures tend lui aussi à avoir une HbA1c supérieure à la moyenne attendue pour 5 heures.