2 Comparaisons de moyennes

On compare des moyennes lorsque la variable réponse est quantitative. On peut comparer cette variable à une valeur de référence (Student à un échantillon, Student apparié) ou selon plusieurs groupes (Student, Welch, ANOVA).

2.1 Test de Student à un échantillon

Le test de Student à un échantillon compare la moyenne d’une variable quantitative dans une population à une valeur de référence connue ou fixée à l’avance. Pour l’utiliser, il faut que les observations soient indépendantes et que la variable soit approximativement normale (OU que l’échantillon soit suffisamment grand).

William Sealy Gosset publie en 1908, sous le pseudonyme “Student”, une étude de la distribution à l’origine de ce test (Student 1908).

La règle “\(n\ge30\)” est seulement un repère. La taille nécessaire dépend de l’asymétrie de la distribution et de la présence de valeurs extrêmes : un grand échantillon ne dispense jamais de regarder les données.

On note :

  • \(n\) la taille de l’échantillon ;
  • \(\bar X\) la moyenne observée ;
  • \(S^2\) la variance empirique corrigée ;
  • \(\mu\) la moyenne théorique inconnue ;
  • \(\mu_0\) la valeur de référence.

En statistiques, les lettres grecques (p. ex., \(\mu\), \(\sigma\)) sont souvent utilisées pour les paramètres théoriques, et les lettres latines pour les quantités observées dans l’échantillon.

Pour un test bilatéral, les hypothèses sont : \[ H_0:\mu=\mu_0 \;\text{contre}\; H_1:\mu\neq\mu_0 \]

La statistique de test est : \[ T=\frac{\bar X-\mu_0}{S/\sqrt n} \underset{H_0}{\sim} \text{Student}_{n-1} \] Autrement dit, si les observations sont indépendantes et viennent d’une population normale (au sens statistique du terme), alors cette statistique suit une loi de Student à \(n-1\) degrés de liberté sous \(H_0\).

Au seuil \(\alpha\), pour un test bilatéral, la région critique est : \[ |T|>t_{1-\alpha/2,n-1} \] ou, écrit différemment : \[ T < -t_{1-\alpha/2,n-1} \quad\text{ou}\quad T > t_{1-\alpha/2,n-1} \] Pour un test unilatéral à droite, elle devient \(T>t_{1-\alpha,n-1}\) ; pour un test unilatéral à gauche, elle devient \(T<t_{\alpha,n-1}\).

NoteExemple

On étudie la taille des enfants de première année de maternelle en France en 2010. Dans un échantillon de 152 enfants, la taille moyenne observée est de 100,75 cm, avec un écart-type de 4,23 cm. Une grande étude ancienne estimait une taille moyenne de 98 cm en 1950, qui constitue la valeur de référence. On souhaite savoir si la taille moyenne observée en 2010 est significativement différente de cette valeur de référence.

On teste donc : \[ H_0:\mu=98 \;\text{contre}\; H_1:\mu\neq98 \]

La statistique observée vaut : \[ t=\frac{100,75-98}{4,23/\sqrt{152}} \approx 8,01 \]

Sous \(H_0\), cette statistique suit une loi de Student à \(151\) degrés de liberté. La région critique est délimitée par \(\pm t_{0,975\, ; \,151} \approx \pm 1,97\). Comme \(t=8,01>1,97\), on se situe dans la région critique (et la p-valeur associée sera inférieure à 0,05). On peut donc rejeter \(H_0\) au seuil de 5 % : la taille moyenne observée en 2010 est significativement différente de la valeur de référence de 98 cm enregistrée en 1950. Dans l’échantillon, l’écart observé est de 2,75 cm.

Si le test est significatif, on peut mentionner le sens de la différence observée.

Note
  • Une différence statistiquement significative ne dit pas encore si l’écart est important en pratique (on parle de “significativité statistique” vs. “importance clinique”). Ici, on observe une différence de 2,75 cm. Est-ce important ? Minime ? Il faut trancher suivant le contexte !
  • La valeur “1,97” ne sort pas de nulle part : c’est le quantile de la loi de Student à 151 degrés de liberté qui correspond à un seuil de 5 % pour un test bilatéral. Pour l’obtenir, il faut soit un logiciel (p. ex., R), soit savoir lire une table. On explique brièvement dans la section “Table de loi et quantiles” du chapitre Lois statistiques et intervalles comment en lire une.

2.2 Comparaison de deux groupes indépendants

On est vite amené à vouloir évaluer l’efficacité d’un médicament ou d’une intervention en santé. Pour cela, le plus fréquent est de constituer deux groupes : l’un reçoit le médicament ou subit l’intervention, et l’autre reçoit le médicament de référence (ou un placebo) ou ne subit aucune intervention.

Nous présentons ici deux tests courants pour comparer deux moyennes : le test de Student (si les variances entre les deux populations sont égales) et le test de Welch (si les variances sont différentes).

Bien que nous présentions ces trois tests, nous ne sommes pas fans de la démarche “test de Student si variances égales, test de Welch si variances différentes”. En effet, comparer deux moyennes nous demande alors de 1/ faire deux tests et 2/ avoir des hypothèses fortes (notamment l’hypothèse de normalité pour le test F). En pratique, le test de Welch est souvent un bon choix par défaut pour deux groupes indépendants.

On note :

  • \(n_1\) et \(n_2\) les tailles des deux échantillons ;
  • \(\bar X_1\) et \(\bar X_2\) les moyennes observées ;
  • \(S_1^2\) et \(S_2^2\) les variances empiriques corrigées ;
  • \(\mu_1\) et \(\mu_2\) les moyennes théoriques.

2.2.1 Test F de comparaison des variances

Le test F de comparaison des variances évalue si deux populations peuvent être considérées comme ayant la même variance. Pour l’appliquer, il faut que les observations soient indépendantes et que les deux variables soient approximativement normales.

En 1934, George Snedecor a présenté et tabulé le rapport F, nommé ainsi en hommage à Ronald Fisher (Snedecor 1934).

Les hypothèses sont : \[ H_0:\sigma_1^2=\sigma_2^2 \;\text{contre}\; H_1:\sigma_1^2\neq\sigma_2^2 \]

Note
  • On parle d’homoscédasticité lorsque les variances des deux populations sont égales, et d’hétéroscédasticité lorsqu’elles ne le sont pas.

  • Ici, l’hypothèse nulle correspond à l’homoscédasticité, et l’hypothèse alternative à l’hétéroscédasticité. Si on rejette \(H_0\), les données ne sont pas compatibles avec l’hypothèse d’égalité des variances.

Sans perte de généralité, on note \(S_1^2\) la plus grande variance empirique et \(S_2^2\) la plus petite. On a alors : \[ F=\frac{S_1^2}{S_2^2} \] telle que \(F\ge 1\). Sous \(H_0\), si les deux échantillons sont indépendants et issus de populations normales, \[ F\sim F_{n_1-1,n_2-1} \] Au seuil \(\alpha\), avec la plus grande variance au numérateur, on rejette \(H_0\) si : \[ F>F_{1-\alpha/2,n_1-1,n_2-1} \]

NoteExemple

Dans l’exemple des tailles d’enfants, l’écart-type observé est de 4,26 cm chez les garçons et de 2,03 cm chez les filles. Les variances empiriques sont donc environ \(4,26^2=18,15\) et \(2,03^2=4,12\).

Comme la première variance est la plus grande, on calcule : \[ F=\frac{18,15}{4,12}\approx4,40 \] La statistique suit une loi de Fisher à \(80\) et \(70\) degrés de liberté. La valeur critique au seuil de 5 % est \(F_{0,975 ; 80\, ; \,70}\approx1,585\). Comme \(4,40>1,585\), on rejette l’égalité des variances au seuil de 5 %. Les tailles des garçons sont donc plus dispersées que celles des filles.

Note

Le test F de comparaison des variances est sensible à l’hypothèse de normalité. En cas de doute, le test de Levene est une alternative plus robuste pour tester l’égalité des variances entre groupes.

Howard Levene a présenté ce test en 1960 (Levene 1960).

2.2.2 Test de Student

Le test de Student à deux échantillons compare la moyenne d’une variable quantitative entre deux groupes indépendants, lorsque les variances des deux populations peuvent être considérées comme comparables. Pour l’appliquer, il faut que les observations soient indépendantes, que la variable soit approximativement normale dans chaque groupe (OU que les tailles d’échantillon soient suffisamment grandes), et qu’on ait homoscédasticité (i.e., variances comparables ; voir test précédent).

Pour un test bilatéral, les hypothèses usuelles sont : \[ H_0:\mu_1=\mu_2 \;\text{contre}\; H_1:\mu_1\neq\mu_2 \]

Si les variances théoriques sont supposées égales, on utilise une variance commune : \[ S_p^2=\frac{(n_1-1)S_1^2+(n_2-1)S_2^2}{n_1+n_2-2} \]

Cette variance commune est une estimation de la dispersion dans les deux populations, sous l’hypothèse qu’elles ont la même variance. Si cette hypothèse est peu crédible, le dénominateur de la statistique de Student devient mal calibré, surtout lorsque les tailles de groupes sont différentes.

La statistique de test est : \[ T=\frac{\bar X_1-\bar X_2}{S_p\sqrt{\frac{1}{n_1}+\frac{1}{n_2}}} \underset{H_0}{\sim} \text{Student}_{n_1+n_2-2} \]

Sous \(H_0\), elle suit une loi de Student à \(n_1+n_2-2\) degrés de liberté.

Au seuil \(\alpha\), pour un test bilatéral, la région critique est : \[ |T|>t_{1-\alpha/2,n_1+n_2-2} \]

NoteExemple

On compare le poids moyen de naissance entre enfants de mères fumeuses et non fumeuses. La variable réponse est quantitative : le poids de naissance en grammes. La variable de groupe est qualitative binaire : statut tabagique.

Dans un échantillon, le poids moyen est de 3055 g chez 115 enfants de mères non fumeuses, avec un écart-type de 752 g. Il est de 2773 g chez 74 enfants de mères fumeuses, avec un écart-type de 660 g. La différence observée est \(3055-2773=282\) g.

En supposant que les variances sont comparables, on calcule la variance commune : \[ S_p^2=\frac{(115-1)752^2+(74-1)660^2}{115+74-2}\approx 514792,8 g^2 \]

La statistique de Student vaut : \[ T = \frac{3055-2773}{\sqrt{514792,8}\sqrt{\frac{1}{115}+\frac{1}{74}}}\approx 2,637 \]

Au risque \(\alpha = 5 \%\) et \(n_1+n_2-2=115+74-2=187\) degrés de liberté, la valeur critique est \(t_{0,975,187}\approx 1,973\). Comme \(2,637>1,973\), on rejette l’égalité des moyennes au seuil de 5 %. Dans cet échantillon, les enfants de mères non fumeuses ont un poids moyen de naissance plus élevé que ceux de mères fumeuses.

2.2.3 Test de Welch

Le test de Welch répond à la même question générale que le test de Student : comparer deux moyennes entre deux groupes indépendants. Les conditions d’application sont les mêmes (indépendance, normalité/\(n>30\)), mais il ne suppose pas l’égalité des variances.

Bernard Welch étudie ce problème dès 1938 (Welch 1938), puis généralise l’approche en 1947 (Welch 1947). L’approximation des degrés de liberté porte aussi le nom de Franklin Satterthwaite, qui étudie la distribution de composantes de variance en 1946 (Satterthwaite 1946).

La statistique de test est : \[ T=\frac{\bar X_1-\bar X_2}{\sqrt{\frac{S_1^2}{n_1}+\frac{S_2^2}{n_2}}} {\overset{\mathrm{approx.}}{\sim}} \text{Student}_{\nu} \] où \(\nu\) est le nombre de degrés de liberté (généralement non entier). Ce dernier est approché par la formule de Welch-Satterthwaite : \[ \nu= \frac{ \left(\frac{S_1^2}{n_1}+\frac{S_2^2}{n_2}\right)^2 }{ \frac{(S_1^2/n_1)^2}{n_1-1}+ \frac{(S_2^2/n_2)^2}{n_2-1} } \]

Au seuil \(\alpha\), pour un test bilatéral, la région critique est : \[ |T|>t_{1-\alpha/2,\nu} \]

NoteExemple

On compare la taille moyenne des garçons et des filles en première année de maternelle. On observe :

  • garçons : \(n_1=81\), moyenne \(101,56\) cm, écart-type \(4,26\) cm ;
  • filles : \(n_2=71\), moyenne \(99,82\) cm, écart-type \(2,03\) cm.

Les deux écarts-types sont assez différents. On évite donc de supposer une variance commune et on utilise le test de Welch. La différence observée est : \[ 101,56-99,82=1,74\ \text{cm} \]

La statistique de Welch vaut : \[ t=\frac{101,56-99,82}{\sqrt{4,26^2/81+2,03^2/71}}\approx3,28 \]

Pour les degrés de liberté, on calcule : \[ \nu = \frac{\left(\frac{4,26^2}{81}+\frac{2,03^2}{71}\right)^2}{\frac{(4,26^2/81)^2}{81-1}+\frac{(2,03^2/71)^2}{71-1}}\approx 118 \]

Avec environ 118 degrés de liberté, la valeur critique est d’environ 1,98. Comme \(3,28>1,98\), on rejette l’égalité des moyennes au seuil de 5 %. Dans cet échantillon, les garçons sont en moyenne plus grands que les filles, d’environ 1,74 cm.

2.3 ANOVA pour trois moyennes ou plus

Lorsque l’on compare trois moyennes ou plus, répéter des tests deux à deux augmente le risque de faux positifs. Avec \(k\) groupes, il y a \(k(k-1)/2\) comparaisons deux à deux (p. ex., groupe 1 vs. groupe 2, groupe 1 vs. groupe 3, etc.). Pour cinq traitements, cela fait dix tests. Si aucune différence n’existe réellement et si l’on réalisait naïvement dix tests au seuil de 5 %, la probabilité d’obtenir au moins un résultat significatif par hasard grandit à chaque fois que l’on ajoute un test (cela s’appelle l’inflation du risque de première espèce, lié à la notion de multiplicité de tests).

Au lieu de faire beaucoup de tests deux à deux, on peut faire un test global qui compare toutes les moyennes en même temps. C’est l’analyse de variance, ou ANOVA (de “ANalysis Of VAriance”).

Ronald Fisher a développé l’analyse de variance et l’a présentée dans son ouvrage de 1925 (Fisher 1925), qui a contribué à diffuser cette méthode.

ImportantDéfinition

L’analyse de variance, ou ANOVA, teste l’égalité des moyennes d’une variable quantitative entre \(k\ge2\) groupes.

Pour l’appliquer, il faut que les observations soient indépendantes, que la variable soit approximativement normale dans chaque groupe (OU que les tailles d’échantillon soient suffisamment grandes), et qu’on ait homoscédasticité (i.e., variances comparables).

Les hypothèses sont : \[ H_0:\mu_1=\mu_2=\cdots=\mu_k\;\text{ (toutes les moyennes sont égales) } \] contre \[ H_1:\exists i,j, \,\mu_i\neq\mu_j\; \text{ (au moins deux moyennes sont différentes) } \]

On ne cherche pas encore à savoir quel groupe est différent des autres, mais à savoir si au moins un semble sortir du lot.

Autrement dit, rejeter \(H_0\) ne signifie pas que TOUS les groupes sont différents, mais qu’au moins un est différent des autres.

L’ANOVA compare deux sources de variabilité :

  • inter-groupes : les moyennes de groupes sont-elles éloignées les unes des autres ?
  • intra-groupe : les observations varient-elles beaucoup au sein de chaque groupe ?

Pour calculer la statistique de test, on a besoin de plusieurs quantités qui décrivent la variabilité des données.

2.3.1 Sommes des carrés

On note \(N\) le nombre total d’observations, \(k\) le nombre de groupes, \(y_{ij}\) la valeur du sujet \(j\) dans le groupe \(i\), \(\bar y_i\) la moyenne du groupe \(i\) et \(\bar y\) la moyenne générale.

La première quantité est la somme des carrés totale (SCT) : \[ SCT=\sum_{i=1}^k\sum_{j=1}^{n_i}(y_{ij}-\bar y)^2, \] elle correspond à toute la variabilité de nos données, indépendamment des groupes qu’on a à disposition.

On ne dirait peut-être pas comme ça, mais cette formule ressemble grandement à la formule de la variance empirique vue dans la section “Indicateurs de dispersion” du chapitre Introduction à la statistique ! En fait, si on divise la SCT par \(N-1\), on obtient exactement la variance empirique de toutes les observations …

Cette variabilité totale est en partie expliquée par les différents groupes qu’on étudie. Cette variabilité s’obtient en calculant la somme des carrés expliquée (SCE) : \[ SCE=\sum_{i=1}^k n_i(\bar y_i-\bar y)^2, \]

On appelle aussi “variabilité inter-groupe” la SCE, car elle mesure la variabilité entre les moyennes de groupes.

En pratique, les groupes n’expliquent généralement pas, à eux seuls, toute la variabilité des données ! Cette part restante est appelée somme des carrés résiduelle (SCR) : \[ SCR=\sum_{i=1}^k\sum_{j=1}^{n_i}(y_{ij}-\bar y_i)^2 \]

On l’appelle aussi “variabilité intra-groupe”, car elle mesure la variabilité à l’intérieur de chaque groupe.

Il se trouve que ces formules sont liées par une relation fondamentale : \[ SCT=SCE+SCR \]

La figure ci-dessous illustre visuellement ce que sont la SCE et la SCR, dans un exemple où on compare cinq traitements contre l’herpès labial.

Figure 1: Représentation de la variabilité dans une ANOVA à un facteur. Les points représentent les délais de guérison observés. Le trait horizontal en pointillé indique la moyenne générale, les traits noirs les moyennes de groupe, les segments bleus les écarts entre moyennes de groupe et moyenne générale. La SCE est obtenue en pondérant le carré de chaque écart bleu par l’effectif du groupe ; la SCR est la somme des carrés des segments rouges.

2.3.2 Statistique de test et tableau d’ANOVA

La statistique de test est le rapport entre la variabilité expliquée par les groupes et la variabilité résiduelle à l’intérieur des groupes. Sous les hypothèses d’indépendance, de normalité et d’égalité des variances : \[ F=\frac{CME}{CMR}=\frac{SCE/(k-1)}{SCR/(N-k)} \underset{H_0}{\sim} F_{k-1,N-k} \]

Au seuil \(\alpha\), la région critique est située dans la queue droite de la loi de Fisher : \[ F>F_{1-\alpha,k-1,N-k} \]

On peut résumer tout ce qui a été présenté à l’aide du “tableau d’ANOVA”.

Tableau 1: Tableau d’ANOVA “typique”.
Source de variation Somme des carrés Degrés de liberté Carré moyen Statistique
Expliquée \(SCE\) \(k-1\) \(CME=\frac{SCE}{k-1}\) \(F=\frac{CME}{CMR}\)
Résiduelle \(SCR\) \(N-k\) \(CMR=\frac{SCR}{N-k}\)
Total \(SCT\) \(N-1\)
NoteExemple

On attribue aléatoirement \(N = 30\) patients à l’un des \(k = 5\) groupes de traitement existants, dont un placebo. On a regroupé les résultats dans le tableau ci-dessous. On se demande alors si le délai moyen de guérison diffère selon le traitement.

Tableau 2: Délai de guérison en jours pour 30 patients traités par cinq stratégies.
Patient Placebo Traitement 2 Traitement 3 Traitement 4 Traitement 5
1 5 4 6 7 9
2 8 6 4 4 3
3 7 6 4 6 5
4 7 3 5 6 7
5 10 5 4 3 7
6 8 6 3 5 6
Moyenne 7,50 5,00 4,33 5,17 6,17

La moyenne générale est \(\bar y\approx5,63\), et les moyennes de groupes sont renseignées dans la dernière ligne du Tableau 2. En appliquant nos formules (c’est long et fastidieux, épargnons-nous les détails), on obtient \(SCE\approx36,467\), \(SCR\approx58,50\) et \(SCT=SCE + SCR \approx 94,967\).

On peut alors construire la table d’ANOVA suivante :

Tableau 3: Table d’ANOVA de l’exemple des traitements contre l’herpès labial.
Source de variation Somme des carrés Degrés de liberté Carré moyen Statistique
Expliquée (par le traitement) \(SCE=36,467\) \(k-1=4\) \(CME=\frac{36,467}{4}=9,117\) \(F=\frac{9,117}{2,340}\approx3,90\)
Résiduelle \(SCR=58,50\) \(N-k=25\) \(CMR=\frac{58,50}{25}=2,340\)
Total \(SCT=94,967\) \(N-1=29\)

Ici, \(F=CME/CMR=9,117/2,340\approx3,90\). Au seuil de 5 %, la valeur critique d’une loi de Fisher à 4 et 25 degrés de liberté est environ 2,76. Comme \(3,90>2,76\), on rejette \(H_0\) : au moins deux traitements ont des délais moyens de guérison différents.

Avertissement

Ici, rejeter \(H_0\) ne dit pas quelles moyennes diffèrent, seulement qu’au moins deux diffèrent.

Les références

Fisher, Ronald A. 1925. Statistical Methods for Research Workers. Oliver; Boyd. https://www.yorku.ca/pclassic/Fisher/Methods/.
Levene, Howard. 1960. « Robust Tests for Equality of Variances ». In Contributions to Probability and Statistics: Essays in Honor of Harold Hotelling, édité par Ingram Olkin. Stanford University Press. https://books.google.com/books/about/Contributions_to_Probability_and_Statist.html?id=ZUSsAAAAIAAJ.
Satterthwaite, Franklin E. 1946. « An Approximate Distribution of Estimates of Variance Components ». Biometrics Bulletin 2 (6): 110‑14. https://doi.org/10.2307/3002019.
Snedecor, George W. 1934. Calculation and Interpretation of Analysis of Variance and Covariance. Collegiate Press. https://books.google.com/books/about/Calculation_and_Interpretation_of_Analys.html?id=QYJNAAAAMAAJ.
Student. 1908. « The Probable Error of a Mean ». Biometrika 6 (1): 1‑25. https://doi.org/10.1093/biomet/6.1.1.
Welch, Bernard L. 1938. « The Significance of the Difference between Two Means when the Population Variances Are Unequal ». Biometrika 29 (3–4): 350‑62. https://doi.org/10.1093/biomet/29.3-4.350.
Welch, Bernard L. 1947. « The Generalization of Student’s Problem when Several Different Population Variances Are Involved ». Biometrika 34 (1–2): 28‑35. https://doi.org/10.1093/biomet/34.1-2.28.